Et si toutes les marques lançaient leur assurance ?
14 Avr 2026 • 3 min de lecture
Heinz couvre vos taches de ketchup, Ikea dédommage contre les vols de frites, Tinder assure les cœurs brisés… de grandes marques émergent là où on ne les attend pas. Un signal intéressant pour les acteurs du monde de l’assurance.
L’assurance comme espace de créativité
En 2024, Et si toutes les marques lançaient leur assurance lance la première police d’assurance ketchup au monde. Les clients appellent un numéro vert pour déclarer leur sinistre : chemise tachée, canapé souillé, plafond éclaboussé. L’opération apporte 23 millions de dollars d’earned media et un Lion à Cannes.

© D.R Photo Heinz
En 2025, c’est au tour d’Ikea. La marque s’apprêtant à ouvrir un magasin à Brighton, installe un kiosque d’assurance contre le vol de frites par les mouettes, animal emblématique de la ville côtière. Les affiches outdoor, elles, montrent des meubles Ikea recouverts de fientes de mouettes avec une seule ligne : « IKEA Brighton now open ».

© IKEA Brighton
Même logique chez Heineken pendant l’Euro 2024. La marque lance « HeineCare« , une assurance contre les bières renversées en bar lors des buts. Ce qui représenterait 11 millions de pintes chaque année selon la marque (ayant sans doute mené une étude très sérieuse sur le sujet).

© Heineken
Ce sont des stunts. Des opérations ponctuelles, sans modèle économique. Des « coups » dirait-on péjorativement. Mais ces campagnes fonctionnent précisément parce qu’elles n’essaient pas d’être autre chose. Et elles en inspirent d’autres.
La France commence à comprendre le principe
À l’occasion de la Saint-Valentin 2026, Tinder s’associe à Nostrum Care pour lancer « l’assurance bien-être pour cœurs brisés ». Trois formules disponibles : Petit chagrin, Moyen chagrin, Gros chagrin. Dès 6,90 euros par mois, les utilisateurs accèdent à des remboursements de séances de thérapie, de bilans nutritionnels, de coaching individuel et de cours de sport.
On dépasse ici largement le stunt. Tinder est certes un partenaire de communication. Mais la startup insurtech Nostrum Care propose ici un vrai produit. L’association crée ainsi un territoire inattendu, entre appli de rencontre et mutuelle, entre vie sentimentale et protection sociale.

© Tinder
Le signal : l’assurance comme objet culturel
Il est sans doute un peu tôt pour parler d’un phénomène de masse. Mais c’est un signal émergeant. L’assurance se laisse investir par des logiques culturelles qui n’étaient pas les siennes. Car ces 4 opérations de communication ne vendent pas des produits d’assurance. Elles utilisent l’assurance comme un langage. Comme d’autres marques utilisent le sport, la musique ou l’humour.
C’est le signe que les codes de l‘assurance est suffisamment ancrée dans notre quotidien pour être détournée, moquée, réimaginée. Elle peut être drôle. Elle peut être absurde. Elle peut même être romantique. Elle peut entrer dans la culture sans renoncer à ce qu’elle est.
Une opportunité pour les assureurs
Là où les codes dominants de l’assurance sont le sérieux, l’engagement sociétal, le « care » (le fameux)… Il y a une certaine ironie à voir Heinz, Ikea ou Heineken investir l’imaginaire de l’assurance avec plus d’aisance que les acteurs qui en font leur métier.
Il est temps pour les assureurs français de l’entendre. A l’instar de la Macif ou de la MAIF, ces acteurs ont aujourd’hui l’opportunité d’investir le champ culturel et de s’imposer comme une marque populaire.