Le signal du planning – Solo dining ?

17 Sep 2026 2 min de lecture

Le nombre de réservation pour un couvert a augmenté de 29% sur les deux dernières années. Ce qui était hier réservé aux travailleurs en déplacement et à quelques personnes isolées est devenue une pratique choisie, voire revendiquée. Ainsi, sur TikTok, les vidéos POV de « Solo dining » cumulent des millions de vues, d‘où notre usage de ce délicieux anglicisme <3.  

Le signal du planning - Solo dining

Qu’est-ce que cela dit de notre époque ?

  • La convivialité obligatoire s’effrite

Manger ensemble a longtemps été une norme si puissante qu’y déroger signalait une anomalie sociale. Manger seul au restaurant était un aveu d’échec. Si le développement de nos solitudes n’est pas à sous-estimer dans l’émergence du solo-dining, il n’est pas le seul facteur : 30% des solo diners le font pour découvrir de nouveaux établissements, sans attendre que leurs proches soient disponibles. La dépendance à l’agenda des autres n’est ainsi plus une condition pour assouvir ses désirs. 

  • Le repas comme rituel intime retrouvé

44% des solo diners citent le calme comme motivation. 43% citent le plaisir d’observer les gens. Ces clients sont ainsi là pour vivre une expérience, être pleinement dans l’instant, pas pour performer une sociabilité. Ils réapprennent à goûter, à regarder sans être distrait par autrui. 

  • Filmer sa solitude pour la partager

Le solo dining comme toutes ces tendances de déconnexion (Raw Dogging, Analog Life & co…) ne sont pas sans contradiction. Car le phénomène se normalise grâce aux réseaux sociaux qui mettent en scène cette expérience. Ils la valide aux yeux de ceux qui n’osent pas encore. Ces vidéos fonctionnent comme des permissions sociales. La solitude choisie a donc toujours besoin de la validation d’une communauté. 

  • Comment les marques peuvent se connecter à ce signal ?

Pour les restaurants, le signal impose des comptoirs bien positionnés, des tables individuelles sans surplus de couverts, des serveurs formés à ne pas traiter le client solo comme un problème à cacher. Mais au-delà de la restauration, le solo dining révèle un appétit plus large pour les expériences conçues pour une personne : abonnements individuels pensés comme des privilèges (et non des versions réduites), expériences culturelles en solo, produits alimentaires en portion unique (le fameux appareil à raclette pour une personne). Dans des secteurs ayant construit leur désirabilité autour du partage et de la convivialité, les opportunités sont immenses.