Le signal du planning – *Lore* & PNJ

17 Juin 2026 2 min de lecture

« T’as pas le lore pour comprendre. » « C’est un vrai PNJ ». Ces termes issus du gaming et de la fiction ont migré dans le langage ordinaire. Ce n’est pas la première fois que ces univers enrichissent notre langue. Mais lore et PNJ disent quelque chose de précis sur la façon dont de nombreux jeunes se représentent le monde.

Le signal du planning - *Lore* & PNJ

Qu’est ce que le *lore* ? 

Dans un jeu vidéo ou une œuvre de fiction, de Tolkien à Dark Souls en passant par Marvel, le lore désigne l’ensemble des histoires, événements et règles qui précèdent l’action et lui donnent son épaisseur. Ce n’est pas le scénario principal : c’est le fond de monde, la couche d’histoire invisible qui rend le présent intelligible. Par extension, le terme désigne désormais le contexte caché d’une situation, d’une relation, d’une famille.

Qu’est ce qu’un PNJ ? 

Un PNJ (personnage non joueur) est, dans un jeu, un personnage secondaire sans agentivité propre : il réagit au monde sans en être l’auteur, suit un script, est interchangeable. Désormais le terme est une insulte pour désigner des individus manquant de personnalité et donc d’arc narratif, de profondeur, de choix véritables.

Qu’est-ce que cela dit de notre époque ?

  • Le réel manque de scénario

La fiction n’est plus un miroir tendu au monde. Elle est devenue la grille pour le lire. Quand quelqu’un évoque « le lore » d’une situation, ce n’est pas une métaphore. Il pose un cadre d’interprétation qui se superpose, voire se substitue au réel.

  • La fiction comme moyen de distanciation

Dire d’un collègue qu’il est un PNJ, ou qualifier sa propre famille de « rich lore », c’est poser une distance entre soi et la situation. Convoquer le lexique de la fiction est ainsi une façon de ne pas se laisser submerger.

  •  Une hiérarchie narrative du monde social

Avoir du lore, c’est avoir de la profondeur. Être un PNJ, c’est en manquer. Ce vocabulaire construit une hiérarchie silencieuse : certaines choses valent la peine d’être investi narrativement. Les autres sont du décor. Dans un monde où l’attention est une ressource rare, décider ce qui « a du lore », c’est aussi décider ce qui compte.

Comment les marques peuvent se connecter à ce signal ?

Les consommateurs qui pensent le monde en termes narratifs attendent des marques qu’elles aient une histoire qui précède et dépasse leurs campagnes. Donner accès aux coulisses, aux origines, aux récits parallèles devient ainsi ce qui distingue une marque qu’on investit d’une marque qu’on consomme.